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lundi 27 février 2006

Brancusi contre les Etats-Unis


L'affaire qui est portée devant la Cour pose la question de savoir si le bronze, désigné (...) du terme français "Oiseau" (...), est ou n'est pas une sculpture ou statue originale produite par un sculpteur, dans le sens où l'entend l'article 1704 du Tariff Act de 1922. (Extrait du procès).

mardi 2 août 2005

Mauvaise vie, bon livre



A mauvaise vie, bon livre ? Certainement; et en plus si bien décrite... voir aussi ce post de P. Assouline.

Procurez-vous La mauvaise vie de Frédéric Mitterrand.

samedi 9 juillet 2005

La malédiction de la Méduse & L'Exil de la Joconde



Ce radeau là était plus qu'une galère, un symbole, celui du déchirement de l'humanité entre société et chacun pour soi. Car sur cet assemblage de planche, une société différente s'est pour quelque temps établi... Un roman d'Erik Emptaz, rédacteur en chef au Canard enchaîné.

Procurez-vous La malédiction de la Méduse





Toujours dans les histoires de tableau, cet Exil de la Joconde qui, pour échapper aux Nazi, s'offre quelques années de vilégiature en province...

Procurez-vous L'Exil de la Joconde

lundi 4 juillet 2005

Felicidad



Un livre qui commence par rendre hommage à Philip K. Dick et Ridley Scott ne peut être mauvais... et une histoire qui se passe dans la Grande europe, décrite comme une confédération regroupant l'ensemble des anciens pays européens. Chacune des nations qui la compose est dirigée par un gouverneur général nommé par le Président à vie.
Peut-être pas un grand livre, mais un plaisant voyage "cyber-noir"...

Procurez-vous Felicidad de Jean Molla


mardi 15 mars 2005

Bang !



Les Etats-Unis, son gigantisme et ses petits county où l'on fait règner sa loi... d'où un polar sans pitié mais avec brio qui se passe à la fin du "moyen-âge" américain, c'est à dire fin 1800...

Présentation de l'éditeur
1897. Dans un coin reculé de l'Alabama, un homme est assassiné dans d'étranges circonstances. Pour le venger, ses proches forment une société secrète, " La Culasse de l'enfer ", fermement décidée à rendre sa propre justice.
S'engage dès lors, entre les métayers blancs et les propriétaires fonciers des villes voisines, une guerre fratricide où il n'y a ni innocents ni coupables, mais du sang et de la douleur... A partir d'un fait historique, Tom Franklin déploie une magnifique fresque romanesque et poétique où s'enchevêtrent les dimensions sociale, policière et humaine.
Explorant les replis les plus obscurs de l'âme, ce récit âpre et inexorable rend un magnifique hommage non seulement aux hommes dont il traite mais au monde qu'ils habitent.

Procurez-vous La Culasse de l'enfer

lundi 28 février 2005

Vice et versa




Trouvé chez Ofr, près du canal St Martin, à Paris dans le 10e, ce magazine horrible, ignoble, et donc fascinant. Vice, va jusqu'au bout de ce domaine, avec l'élégance et la morgue du talent déjanté.
Le prix ? Il est gratuit... et comme toujours pour ces magazines trendy, la pub est aussi intéressante que les articles ou la maquette.
Voir le site du magazine.

samedi 26 février 2005

Peinture in utero



Après Caravaggio, Soulages avec cet ouvrage destiné aux passionnés du peintre de l'ombre et de la lumière... qui cultive l'art de l'atelier comme beaucoup d'artististes.
Ce qu'en dis l'éditeur : Soulages aime se trouver absolument seul et dans une pièce en ordre, comme s'il faisait une peinture pour la première fois. Aussi, lorsque l'on pénètre dans un atelier de Soulages, est-on toujours frappé par le grand vide d'un espace où rien ne traîne. Toutes ses peintures sont cachées, sauf (et encore cela est exceptionnel) celle à laquelle il s'attaque. Jamais il n'étale ses peintures terminées, comme la plupart des artistes, mais les range hors de la vue.

Homme de toutes les curiosités, homme de l'outil, Soulages s'est attaché à créer des objets porteurs d'émotions esthétiques, que ce soient de ces objets peints que l'on appelle des tableaux, ou de ces objets gravés que l'on appelle des estampes, ou des planches de ces gravures devenues bas-reliefs de bronze, ou de ces objets tissés que l'on appelle des tapisseries, ou de ces objets qui captent et émettent la lumière que l'on appelle des vitraux. Tous ces objets (il préfère dire : ces " choses ") sont la composante d'une œuvre unique, dont l'ampleur paraît de plus en plus évidente.


Procurez-vous Les ateliers de Soulages

vendredi 11 février 2005

Caravaggio !



En avant ! J'attaque la lecture de La course à l'abîme de Domique Fernandez. Le style, l'idée, la précision et l'invention... tout ce que j'aime !

A lire un extrait : Sous l’influence de ces deux maîtres, j’ai attaqué mon premier tableau, une Corbeille de fruits, sujet entièrement nouveau pour l’Italie. Malgré mon peu d’intérêt pour la campagne, j’aurais voulu le traiter comme Floris ses étalages de légumes ou Jan ses bouquets de fleurs, en hommage à l’élan végétal. Quelque chose qui était dans mon caractère se révéla à cette occasion et fit obstacle à ce projet. Regardez ce tableau : vous serez frappé du contraste entre les fruits ronds et pleins qui sont dans la corbeille, et les feuilles qui dépassent et retombent de chaque côté : tantôt rabougries et sèches, tantôt rognées par les insectes.

Les fruits, je les ai mis de plein gré : c’était mon intention, que d’exalter la joie de vivre sous sa forme botanique. Les feuilles, elles, se sont rajoutées d’elles mêmes, en quelque sorte, comme si ma main n’avait plus obéi à ma volonté. Contrepoint sinistre aux pommes et aux poires du jardin, écrin funèbre pour l’épanouissement printanier elles indiquent où finit toute joie. N’est il pas étrange qu’au moment où le ravissement d’amour m’enlevait avec une telle violence, la pensée de la mort soit venue me tourmenter ?

J’avais vingt-deux ans, Mario n’en avait pas seize, l’avenir s’ouvrait devant nous, radieux selon la diseuse de bonne aventure chez qui Mario m’avait traîné de force, mais je peignais une image de dépérissement et de ruine. Pour le choix des fruits, me souvenant de Pietro Moroni et de la chaleur de son accueil, j’ai cherché lesquels il m’aurait vu avec plaisir, pour leur valeur emblématique, disposer dans la corbeille. J’y ai donc placé une pomme, deux poires, un citron, des figues vertes et des noires, symbole de ce qui passe, et des grappes de raisin, symbole du Christ et du salut par le Christ. Le Cavaliere vint examiner mon tableau, loua le mélange des fruits, reconnut la signification respective des fruits charnus et des baies translucides, apprécia l’intention religieuse, puis son œil se fixa sur un détail auquel je n’avais pas attaché d’importance.
Sur le flanc rebondi de la pomme je m’aperçus que j’avais peint, presque machinalement, un trou de ver et un début de pourriture. Il me tapa sur l’épaule, me félicita encore une fois, tira un demi-baïoque de sa poche, mit la pièce dans ma main. « Mais une autre fois, mon garçon, achète toi avec cet argent une pomme saine. »

Procurez-vous La Course à l'abîme

jeudi 3 février 2005

Une bulle économique : La Tulipe



Alors que les premières tulipes devraient commencer à pointer leur nez, ce livre (pas encore ouvert) d'Anna Pavord dont le sous-titre résume bien sa démarche : The story of a Flower that has made Men Mad. Bien illustré, je me fais un plaisir de l'attaquer une fois le brillant Europeana, une brève histoire du XXe siècle achevé.

A lire aussi le résumé de l'éditeur : Greed, desire, anguish, devotion have all played their part in the development of the tulip from a wild flower of the Asian steppes to the world-wide phenomenon it is today. The U.S. alone imports three billion tulip bulbs each year, Germany and France even more.

Why did the tulip dominate so many lives through so many centuries in so many countries? The author, a self-confessed tulipomaniac, has spent six years looking for answers. No other flower has ever carried so much cultural baggage; it charts political upheavals, illuminates social behavior, mirrors economic booms and busts, plots the ebb and flow of religious persecution.

The tulip made great fortunes for people but was responsible for equally spectacular bankruptcies. Millions of aficionados now gaze in awe at the brilliant flower pieces painted in the early seventeenth century by masters such as Ambrosius Bosschaert. But at the time they were painted, these works or art were considered as cheap substitutes for the real flowers. Even Jan van Huysum, the grand master of Dutch flower painting, could rarely command more than 5,000 guilders for a painting. But at auction in Alkmaar, Holland in 1637, a single bulb of the red-and-white tulip "Admiral Liefkens" changed hands for 4,400 guilders.

Roaming through Asia, India, Russia and the Ottoman Empire, the author tells how the tulip arrived from Turkey and took the whole of Western Europe by storm. In the petals of the exquisite English florists' tulips, still exhibited in competition by members of the Wakefield Tulip Society in Yorkshire, runs the blood of flowers first grown by John Evelyn in the middle of the seventeenth century.


Lire aussi ce que la presse en dit ici.

lundi 24 janvier 2005

Démosthène Kourtovik



Quel est mon moyen pour dégoter un livre sympa, érudit mais passionnant ? Chercher un auteur calé (ici un docteur en biologie et évolution de la sexualité humaine), voir le brief (souvent aventure/policier) et me plonger dans le tout !

En lire un extrait.

mercredi 5 janvier 2005

Odeur



Plongé dans le lecture de ce best-seller. Sympathique mais aux style de moins en moins agréable au fil des page. N'en reste pas très intéressant : il se découvre en amateur de parfum, ou de roman historique.

mardi 28 décembre 2004

Etonnant



Qu'importe la vérité... Dans le Le Traité de mécanique : Les vies incroyables et joviales des ingénieux d'antan, sont exposées les vies d'inventeurs aux créations folles, aux destins étonnants. Mais c'est surtout le texte (traduit du turc), et sa manière toute "orientale" de reconter, qui est remarquable. Lire un extrait.

Un texte qui, peut-être, doit au style "du coq à l'âne" de Al-Jahiz qui, à quelques siècles d'écart, nous offrait une comparaison des mérites respectifs des éphèbes et courtisanes...

mercredi 22 décembre 2004

Avoir du nez



C'est ce que j'ai eu en achetant hier à la librairie La Litote (Paris 10e)... Un livre sur le fonctionnement de l'odorat. Ca commence bien : mes 45 minutes de métro sont passées comme lettre à la poste !

Ce qu'en disent les éditions Autrement : Chercheur original, brillant, opiniâtre, Luca Turin s’intéresse depuis plus de vingt ans à l’un des grands mystères de la biologie : comment fonctionne l'odorat, comment se fait il que nous sachions distinguer des dizaines de milliers de molécules ? Tout part d’une extraordinaire idée proposée à la fin des années 1920, discréditée puis tombée dans l'oubli : ce que nous sentons n'est pas la forme des molécules mais leur vibration. Reste à convaincre les scientifiques et les industriels.
Il y sera aussi question de la couleur des odeurs, de leur mélodie, d'harmonies secrètes. Chandler Burr opère un détournement drôle, sarcastique et poétique des mythes qui entourent le monde des parfums et fait de la science une affaire sensorielle dans un style et une atmosphère infiniment romanesques.


Voir aussi, dans la même collection Botanique du désir.

lundi 13 décembre 2004

Il faut se méfier des bons titres



Surtout quand il s'agit d'un journaliste et pourtant, malgré ce titre alléchant (Comment être critique gastronomique et garder la ligne), Gilles Pudlowski a réussi un petit livre sympa à lire. Et pour cause, niveau conseils, c'est a minima mais pour ce qui est de la cuisine, c'est gargantuesque...

dimanche 12 décembre 2004

Entre faim et frénésie



Disponible sur le site du Mangeur-ocha (Observatoire Cidil des Habitudes Alimentaires et non plus de l’Harmonie Alimentaire) cette analyse de la Faim et du plaisir de la table. De leurs naissances et raisons respectives. Un régal.

A explorer aussi le site de l'Observatoire ainsi que les publications qu'il offre.

Un extrait de cet exposé : L’appétit relèverait donc à la fois d’un besoin physiologique, qui se manifeste par une forte mobilisation organique, et d’un désir, puisqu’il suscite le fantasme des sucs et du goût. La complexité du phénomène et des processus qu’il met en oeuvre, la multiplicité des appétits qu’il révèle, ceux de l’estomac, du palais et même de l’imagination, place la relation du besoin (la faim) à la sensualité (la gourmandise) au coeur des préoccupations des gastronomes et de la nouvelle science alimentaire. Avant même la naissance du terme « Gastronomie » qu’aurait inventé Joseph Berchoux vers 1801, c’est déjà en 1782, à quelques années de la Révolution et des mutations importantes qu’elle induira dans le modèle gastronomique français, que Le Grand d’Aussy exposait les tensions contradictoires qui se développent autour de ce qu’il appelle « l’art de la cuisine ». Ce serait pour dédommager les hommes de l’incommode nécessité où elle les a placés de satisfaire, par la nourriture, un besoin premier, la faim, que la Nature les aurait dotés d’un organe du goût susceptible de sensations agréables.


Voir aussi la note sur Food in history.

vendredi 10 décembre 2004

Eloge d'Abraham Lincoln

A lire le discours de Felix de Belloy, premier secrétaire de la Conférence prononcé à l'occasion de la rentrée solennelle de la conférence du stage et du barreau de Paris. le thème ? Abraham Lincoln.
Le discours débute de cette manière : 19 novembre, ils ont froid, pourtant un soleil rasant leur chauffe le visage, 19 novembre 1863, ils ont froid, et pourtant l’automne est doux en Pennsylvanie. Mais ce doit être la fatigue, ils grelottent comme des enfants, ils se serrent les uns contre les autres, ils s’appuient sur leurs baillonnettes pour ne pas tomber, ils doivent rester debout, et fiers si possible dans leurs uniformes déchiquetés, ils ont reçu l’ordre de ne pas défaillir, d’écouter les orateurs et d’applaudir.

vendredi 3 décembre 2004

Lettres de Pline le Jeune

Les correspondances : parfois des restes du dimanche soir, parfois un véritable délice.
Dans ce cas, Pline le Jeune (à ne pas confondre avec l'Ancien qui fut son père adoptif, mort dans l'éruption du Vesuve) a une manière d'emballer ses lecteurs. De leur coller une couche de cirage ou de farine (c'est selon), tout en imposant ses idées... un vrai délice. d'autant plus que le style est irréprochage. Les phrases sont longues, complexes mais solides : impossible d'y ajouter ou en retirer. Du roc ? Non, du caviar !

Gallica - Pline le Jeune (0061?-0114?). [Correspondance (latin-français). 0080-0114]Lettres de Pline le Jeune [Document électronique]. Tome premier. 1995

La notice de Gallica :
Auteur(s) : Pline le Jeune (0061?-0114?) Rubriques de classement : [Correspondance (latin-français). 0080-0114] Titre(s) : Lettres de Pline le Jeune [Document électronique]. Tome second / trad. par De Sacy ; nouv. éd. rev. et corr. par Jules Pierrot,... Lien au titre d'ensemble : Lettres de Pline le Jeune Type de ressource électronique : Données textuelles Publication : 1995 Description matérielle : 401 p. Note(s) : Reproduction : Num. BNF de l'éd. de Paris : C. L. F. Panckoucke, 1828. 21 cmBibliothèque latine-française ou Collection des classiques latins) Autre(s) auteur(s) : Sacy, Louis-Silvestre de. Traducteur Pierrot, Jules-Amable. Éditeur scientifique Sujet(s) : Pline le Jeune (0061?-0114?) -- Correspondance Notice n° : FRBNF37263202 Cote : NUMM-29834