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dimanche 12 décembre 2004

Pacage de vent



Peu de textes me passionnent autant que le Qohelet ou Ecclésiaste. J'ai longtemps gardé dans ma poche la traduction de Louis-Isaac Lemaître de Sacy et de son Vanité des vanité, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout n'est que vanité. Mais lors d'une expédition au marché aux livres, parc Georges Brassens, j'ai découvert la version traduite de la bible arabe.
Rien à voir. La même phrase devient : Fugace, comble de fugacité, a dit Qohélet. Fugace, comble de fugacité, le tout est fugace. Mais ce que j'ai retenu c'est surtout ça : " J'ai observé toutes les actions entreprises sous la sphère du soleil : dans leur totalité, elles sont fugace, pacage de vent" et plus loint Cela aussi est fugacité et pacage de vent.
Plus d'information ici.

Référence complète : Haïm Zafrani – André Caquot : La version arabe de la Bible de Sa’adya Gaon, L’Ecclésiaste et son commentaire “Le livre de l’ascèse”, Paris 1989

Voir aussi la version des Mille et une nuits.


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Mauvais genre...



A lire si vous avez le bonheur de croiser ce livre chez un bouquiniste :Les mauvais lieux de Barcelone, de Xavier Domingo.
Pour reprendre la présentation de ce guide débonnaire de la débauche : Une promenade aux mauvais lieux, c'est toujours un voyage, et surtout à Barcelone, un voyage dans le temps, un retour dans le passé. Non seulement vers le passé historique de la ville, si riche en souvenirs de toutes sortes, depuis l'époque la plus reculée jusqu'à l'aube révolutionnaire de l'ère industrielle, mais aussi vers le vrai passé, le passé profond - une forme verbale qui reste à inventer.
Je refuse l'ignoble jeu de mots qu'on répète dans la bonne société : les "mauvais lieux" seraient en réalité de "bons lieux"... On vous glisse ça avec un clin d'oeil, en entrouvrant le fameux carnet d'adresses réservé aux seuls initiés. Inutile de faire de l'esprit. Les mauvais lieux sont de mauvais lieux. Souvent même ignobles, sordides, pourris et dangereux
.
Il s'agit pas d'un guide sordide. C'est, sous couvert d'un exposé pseudo-touristique, une analyse d'une société madrilène en mouvement ponctué de poésies ou de citations...

Entre faim et frénésie



Disponible sur le site du Mangeur-ocha (Observatoire Cidil des Habitudes Alimentaires et non plus de l’Harmonie Alimentaire) cette analyse de la Faim et du plaisir de la table. De leurs naissances et raisons respectives. Un régal.

A explorer aussi le site de l'Observatoire ainsi que les publications qu'il offre.

Un extrait de cet exposé : L’appétit relèverait donc à la fois d’un besoin physiologique, qui se manifeste par une forte mobilisation organique, et d’un désir, puisqu’il suscite le fantasme des sucs et du goût. La complexité du phénomène et des processus qu’il met en oeuvre, la multiplicité des appétits qu’il révèle, ceux de l’estomac, du palais et même de l’imagination, place la relation du besoin (la faim) à la sensualité (la gourmandise) au coeur des préoccupations des gastronomes et de la nouvelle science alimentaire. Avant même la naissance du terme « Gastronomie » qu’aurait inventé Joseph Berchoux vers 1801, c’est déjà en 1782, à quelques années de la Révolution et des mutations importantes qu’elle induira dans le modèle gastronomique français, que Le Grand d’Aussy exposait les tensions contradictoires qui se développent autour de ce qu’il appelle « l’art de la cuisine ». Ce serait pour dédommager les hommes de l’incommode nécessité où elle les a placés de satisfaire, par la nourriture, un besoin premier, la faim, que la Nature les aurait dotés d’un organe du goût susceptible de sensations agréables.


Voir aussi la note sur Food in history.